Articles de presse
A force de surfer sur les bonnes vagues
L’histoire de Webdesigned a commencé par une activité complémentaire. Laurent, webdesigner chez Skynet, nourrissait le projet de passer six mois en Australie avec sa compagne. Il s’est construit un capital en construisant des sites Internet pour quelques connaissances, en dehors de ses heures de bureau. De retour d’Australie, il a encore répondu à quelques demandes similaires, toujours sous statut d’indépendant à titre complémentaire.
Comme les demandes affluaient, d’une part et que, d’autre part, son travail d’employé requérait de moins en moins de qualités créatrices, il s’est décidé à franchir le pas. C’était en juillet 2006. Les affaires tournaient bien, il pouvait en vivre tout en constituant, sur le côté, un capital de réserve en vue de la création d‘une société. “L’objectif a toujours été celui-là”, explique-t-il. "Je ne rêve pas de grande entreprise, mais d’une société à taille humaine, de 10 à 12 personnes".
En 2008, il a donc fondé seul une sprl avec mission de créer des sites web pour des individus ou des PME. "Dans le secteur informatique, tout le monde pense en savoir assez ou connaître quelqu’un qui en sait assez pour créer des sites. Je me positionne sur le marché avec des qualités créatives et des prix accessibles, qui font la différence par rapport aux grandes entreprises du secteur"».
Les chiffres ont grandi au fur et à mesure du développement de son ambition : 25.000 euros de chiffre d’affaires pour 6 mois d’activité en 2006, 78.000 euros en 2007 et 88.500 euros en 2008. "L’avantage de mon activité est qu’elle n’implique pas de gros frais : je n’ai besoin que d’un ordinateur et d’un bureau", précise-t-il.
En 2008, il a aussi franchi le pas de l’engagement de personnel, avec un employé graphiste, et il compte continuer sur sa lancée, notamment parce que, pour le moment, il sous-traite des parties du travail commandé, ce qui lui revient plus cher, au bout du compte, que le salaire d’une personne à temps plein. "La grosse difficulté est également de trouver des bons partenaires, aussi bien en ce qui concerne la qualité du travail à effecteur que la durabilité de la relation qui s’établit. Travailler avec des indépendants implique le risque de ne pas toujours pouvoir compter sur eux, pour des questions de disponibilité compréhensibles."
Au programme de 2009, il a d’ailleurs placé des formations, notamment en gestion d’entreprise, et en communication. Jusqu’à présent, en effet, les clients ne lui sont venus que par le canal du bouche à oreille. Ca promet.
Carline Taymans
Portraits d'entrepreneurs
New Business 2009
21/04/2009
Créer son entreprise en temps de crise
«La crise ? J’en entends parler depuis 20 ans…» Le ton est donné. Laurent Disty, lové dans l’informatique, a forcément les moyens de ses railleries: il travaille dans un secteur qui ne connaît pas la crise.
Cependant, pour mettre sur pied sa société de développement de sites Internet, il a dû ériger l’édifice pierre par pierre. «En étant d'abord indépendant à titre complémentaire, ensuite en devenant indépendant à part entière et, enfin, en créant une société, pour développer plus en avant l'activité. Ce processus m'a permis de me constituer progressivement un fichier ‘clients’ suffisamment fourni pour me lancer seul». Sans prendre trop de risques. Le passage d’employé au statut de patron de société ne s'improvise pas. «La recherche d'informations m'a été pénible. Les aides, les subventions, les démarches administratives à entreprendre, des rudiments de gestion… Il a tout fallu apprendre sur le tas», lance Laurent Disty.
Une autre difficulté est de se vendre. «J’ai acquis suffisamment d’expérience et de savoir-faire pour mener à bien mes projets, mais c’est moins évident de le communiquer». Difficile à croire de la part d’un développeur qui n’a jamais prospecté et pour qui le bouche à oreille a toujours suffi à alimenter le carnet de commandes. Et pourtant… «Communiquer sur le service que l’on peut rendre est sans doute la chose sur laquelle la plus grande attention doit être portée», juge-t-il aujourd’hui.
Le jeune patron de 34 ans, dont l’ambition est de voir sa structure évoluer vers une société de 10-12 personnes («toujours à taille humaine», insiste-t-il), n’en reste pas là. Se renseigner est une chose. «Bien s’entourer en est une autre. La comptabilité, la gestion ne sont que la face la plus visible de l’entourage à constituer. L’informatique étant en pleine (r)évolution, de plus en plus de compétences sont nécessaires. Et les perles rares… sont vraiment rares»!
François Mathieu
Mon Argent
Journal l'Echo
20/12/2008
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